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Conférence de Carême du 28 mars 2019

L'Eglise en crise
garder la foi, retrouver confiance

Conférence de Carême du Père Christian Lancrey-Javal
Curé de Notre-Dame de Compassion

Jeudi 28 mars 2019

[audio http://www.paroissecompassion.fr/images/mp3/2019-0328-conference-careme.mp3]

Introduction : un fleuve de boue

Un fleuve de boue, un torrent d’immondices, comparable aux masses informes des tsunamis charriant toutes sortes d’objets, emportant tout sur leur passage, que rien ne peut arrêter, s’est abattue sur l’Eglise.
Nous avons découvert avec effroi que ce torrent de boue venait de l’Eglise elle-même, au contraire de ce que nous cessons de dire qu’elle est le Corps du Christ, et de ce que nous ne cessions de répéter qu’il nous fallait nous garder du monde, apprendre à ne pas nous laisser emporter par le courant du monde. C’est de l’Eglise elle-même qu’est venu ce fleuve de boue, et de sa partie la plus emblématique : le clergé.
A tous les niveaux, dans tous les pays, en tout cas occidentaux pour la pédophilie. Par dizaines, centaines, milliers. Se sont ajoutés des scandales homosexuels de cardinaux avec des séminaristes, des viols de religieuses par des prêtres – pas un lieu n’est épargné : je comprends que vous soyez bouleversés. Je ne peux pas reprendre la parole du Christ : que votre cœur ne se trouble pas. Au contraire. J’espère que vous êtes bouleversés. Nous sommes tous scandalisés. J’espère que plus personne ne pense ce que certains ont pensé des enfants : ‘ils vont oublier’.

Un fleuve de boue : je tire cette expression d’une catéchèse de Benoît XVI qu’un paroissien m’a transmise au début du Carême, catéchèse du 3 décembre 2008 sur le péché originel, sur le « pouvoir du mal dans le cœur humain et dans l'histoire humaine », les deux étant liés : « En conséquence de ce pouvoir du mal dans nos âmes s'est développé dans l'histoire un fleuve de boue, qui empoisonne la géographie de l'histoire humaine ».

On est ici dans l’ordre de l’inhumain. La pédophilie est un crime contre l’humanité.

L’été dernier, j’ai prêché une retraite des familles, et rencontré à nouveau plusieurs cas de tels crimes dans des familles : un homme avait mis cinq ans avant de déposer plainte contre son propre père qui avait abusé de sa fille. Cinq ans, sa femme avait attendu cinq ans pour qu’il soit capable de porter plainte contre son père. Comment faire pour désacraliser la famille quand elle est profanée ?

Au cours de cette retraite, deux couples sont venus me voir, qui ne se connaissaient pas, de deux Diocèses différents, qui avaient tous deux des responsabilités diocésaines qu’ils voulaient abandonner. Ils étaient venus me voir parce qu’au cours d’un enseignement j’avais dit que les relations dans l’Eglise pouvaient être inhumaines. Oui, les relations dans l’Eglise peuvent être inhumaines. Les plus grands lieux d’humanité peuvent devenir les plus inhumains, la religion comme la famille. Ils ne le sont pas en soi. Cela dépend de nous.

Comment faire pour garder la foi ?

L’analyse de Benoît XVI est éclairante : « La foi nous dit qu’il existe deux mystères de lumière et un mystère de nuit, qui est toutefois enveloppé par les mystères de lumière.
Le premier mystère de lumière est celui-ci :  la foi nous dit qu'il n'y a pas deux principes, un bon et un mauvais, mais il y a un seul principe, le Dieu créateur, et ce principe est bon, seulement bon, sans ombre de mal. Et ainsi, l'être également n'est pas un mélange de bien et de mal ; l'être comme tel est bon et c'est pourquoi il est bon d'être, il est bon de vivre. Telle est la joyeuse annonce de la foi : il n'y a qu'une source bonne, le Créateur. Et par conséquent, vivre est un bien, c'est une bonne chose d'être un homme, une femme, la vie est bonne.
S'ensuit un mystère d'obscurité, de nuit. Le mal ne vient pas de la source de l'être lui-même, il n'est pas également originel. Le mal vient d'une liberté créée, d'une liberté dont on a abusé. Comment cela a-t-il été possible, comment est-ce arrivé ? Cela demeure obscur. Le mal n'est pas logique. Seul Dieu et le bien sont logiques, sont lumière. Le mal demeure mystérieux. On l'a représenté dans de grandes images, comme le fait le chapitre 3 de la Genèse, avec cette vision des deux arbres, du serpent, de l'homme pécheur. Une grande image qui nous fait deviner, mais ne peut pas expliquer ce qui est en soi illogique. Nous pouvons deviner, pas expliquer ; nous ne pouvons pas même le raconter comme un fait détaché d'un autre, parce que c'est une réalité plus profonde. Cela demeure un mystère d'obscurité, de nuit.
Mais un mystère de lumière vient immédiatement s'y ajouter. A la source constante du mal, Dieu a opposé une source de bien pur. Le Christ crucifié et ressuscité, nouvel Adam, oppose au fleuve sale du mal un fleuve de lumière. Et ce fleuve est présent dans l'histoire : nous voyons les saints, les grands saints, mais aussi les saints humbles, les simples fidèles. Nous voyons que le fleuve de lumière qui vient du Christ est présent, il est fort ».

Le mal n'est pas logique, pas explicable. Seul Dieu et le bien sont logiques, sont lumière.

Je vais repartir de la Parole de Dieu, d’un long passage du livre du prophète Daniel. Nous allons repartir d’un jardin qui n’est pas celui de l’Eden. Nous allons repartir de la Parole de Dieu, un texte de Carême qui ouvre la semaine de la Passion, dont je vous livrerai ‘cinq réflexions pour garder la foi’, c’est-à-dire pour voir ce qui est réellement en cause :

1 + La présence de prédateurs parmi nous.

2 + L’abus de pouvoir par le détournement du secret.

3 + La transformation de la crise de l’autorité en crise de l’impunité.

4 + Le rétablissement de contre-pouvoirs.

5 + La vertu du renoncement.

Garder la foi est une chose ; retrouver confiance en est une autre. J’en dégagerai alors ‘cinq propositions pour retrouver confiance’. Modestes et peut-être décevantes pour qui voudrait tout remettre en cause, qui ne voudrait regarder que les ténèbres, le mystère de nuit. C’est la tentation. Comment dit-on ? Jeter l’enfant-Jésus avec l’eau du bain ?

Père Christian Lancrey-Javal, curé

Du Livre du prophète Daniel

Lecture du livre du prophète Daniel (au chapitre 13)

01 Il y avait un habitant de Babylone qui se nommait Joakim.
02 Il avait épousé une femme nommée Suzanne, fille d’Helkias.
Elle était très belle et craignait le Seigneur.

(Autrement dit elle était juste : a contrario, le juge inique – Lc 18 – ne craignait pas Dieu).

03 Ses parents étaient des justes, et ils avaient élevé leur fille selon la loi de Moïse.
04 Joakim était très riche, et il possédait un jardin auprès de sa maison ;
les Juifs affluaient chez lui, car il était le plus illustre d’entre eux.
05 Deux anciens avaient été désignés dans le peuple pour être juges cette année-là ;
ils étaient de ceux dont le Seigneur a dit :
« Le crime est venu de Babylone par des anciens,
par des juges qui prétendaient guider le peuple. »
06 Ils fréquentaient la maison de Joakim,
et tous ceux qui avaient des procès venaient les trouver.
07 Lorsque le peuple s’était retiré, vers midi,
Suzanne entrait dans le jardin de son mari, et s’y promenait.
08 Les deux anciens la voyaient chaque jour entrer et se promener,
et ils se mirent à la désirer :
09 ils pervertirent leur pensée, ils détournèrent leurs yeux
pour ne plus regarder vers le ciel et ne plus se rappeler ses justes décrets.
10 Tous deux brûlaient de convoitise, mais ne se l’avouaient pas l’un à l’autre,
11 car ils avaient honte d’avouer leur désir de s’unir à elle.
12 Chaque jour, ils guettaient avidement l’occasion de la voir.
13 Un jour, ils se dirent l’un à l’autre :
« Rentrons chez nous, c’est l’heure de déjeuner », et ils se séparèrent.
14 Mais chacun revint sur ses pas, et ils se retrouvèrent au même endroit.
Se questionnant alors mutuellement, ils s’avouèrent leur désir.
Et ils se mirent d’accord sur le moment où ils pourraient la trouver seule.
15 Ils guettaient le jour favorable, lorsque Suzanne entra, comme la veille et l’avant-veille,
accompagnée seulement de deux jeunes filles ; il faisait très chaud,
et elle eut envie de prendre un bain dans le jardin.
16 Il n’y avait personne, en dehors des deux anciens qui s’étaient cachés et qui l’épiaient.
17 Suzanne dit aux jeunes filles : « Apportez-moi de quoi me parfumer et me laver,
puis fermez les portes du jardin, pour que je puisse prendre mon bain. »
18 Ainsi firent-elles : fermant la porte du jardin, elles entrèrent dans la maison par la porte de service pour y chercher ce que Suzanne leur avait demandé. Elles ne virent pas les anciens, qui étaient cachés.
19 Dès que les jeunes filles furent sorties, les deux anciens surgirent, coururent vers Suzanne
20 et lui dirent : « Les portes du jardin sont fermées, on ne nous voit pas ; nous te désirons,
sois consentante et viens avec nous.
21 Autrement nous porterons contre toi ce témoignage :
il y avait un jeune homme avec toi, et c’est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »
22 Suzanne dit en gémissant : « De tous côtés, je suis prise au piège :
si je vous cède, c’est la mort pour moi ;
et si je refuse de céder, je n’échapperai pas à vos mains.
23 Mieux vaut pour moi tomber entre vos mains sans vous céder,
plutôt que de pécher aux yeux du Seigneur. »
24 Alors Suzanne poussa un grand cri, et les deux anciens se mirent à crier contre elle.
25 L’un d’eux courut ouvrir les portes du jardin.
26 Les gens de la maison, entendant crier dans le jardin,
se précipitèrent par la porte de service pour voir ce qui arrivait à Suzanne.
27 Quand les anciens eurent raconté leur histoire, les serviteurs furent remplis de honte,
car jamais on n’avait dit pareille chose de Suzanne.
28 Le lendemain, le peuple se rassembla chez Joakim son mari.
Les deux anciens arrivèrent, remplis de pensées criminelles contre Suzanne,
et décidés à la faire mourir.
Ils dirent devant le peuple :
29 « Envoyez chercher Suzanne, fille d’Helkias, épouse de Joakim. » On l’envoya chercher.
30 Elle se présenta avec ses parents, ses enfants et tous ses proches.
31 Suzanne avait les traits délicats et elle était belle à voir.
32 Comme elle était voilée, ces misérables ordonnèrent qu’on la dévoile,
pour pouvoir profiter de sa beauté.
33 Tous les siens pleuraient, ainsi que tous ceux qui la voyaient.
34 Les deux anciens se levèrent au milieu du peuple, et posèrent les mains sur sa tête.
35 Tout en pleurs, elle leva les yeux vers le ciel,
car son cœur était plein de confiance dans le Seigneur.
36 Les anciens déclarèrent : « Comme nous nous promenions seuls dans le jardin,
cette femme y est entrée avec deux servantes. Elle a fermé les portes et renvoyé les servantes.
37 Alors un jeune homme qui était caché est venu vers elle, et a couché avec elle.
38 Nous étions dans un coin du jardin, nous avons vu le crime, et nous avons couru vers eux.
39 Nous les avons vus s’unir, mais nous n’avons pas pu nous emparer du jeune homme,
car il était plus fort que nous : il a ouvert la porte et il s’est échappé.
40 Mais elle, nous l’avons saisie, et nous lui avons demandé qui était ce jeune homme ;
41 elle n’a pas voulu nous le dire. De tout cela, nous sommes témoins. »
L’assemblée les crut, car c’étaient des anciens du peuple et des juges,
et Suzanne fut condamnée à mort.
42 Alors elle cria d’une voix forte : « Dieu éternel, toi qui pénètres les secrets,
toi qui connais toutes choses avant qu’elles n’arrivent,
43 tu sais qu’ils ont porté contre moi un faux témoignage. Voici que je vais mourir,
sans avoir rien fait de tout ce que leur méchanceté a imaginé contre moi. »
44 Le Seigneur entendit sa voix.
45 Comme on la conduisait à la mort,
Dieu éveilla l’esprit de sainteté chez un tout jeune garçon nommé Daniel,
46 qui se mit à crier d’une voix forte : « Je suis innocent de la mort de cette femme ! »
47 Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda :
« Que signifie cette parole que tu as prononcée ? »
48 Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Fils d’Israël, vous êtes donc fous ?
Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez condamné une fille d’Israël.
49 Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage. »
50 Tout le peuple revint donc en hâte, et le collège des anciens dit à Daniel :
« Viens siéger au milieu de nous et donne-nous des explications,
car Dieu a déjà fait de toi un ancien. »
51 Et Daniel leur dit : « Séparez-les bien l’un de l’autre, je vais les interroger. »
52 Quand on les eut séparés, Daniel appela le premier et lui dit :
« Toi qui as vieilli dans le mal,
tu portes maintenant le poids des péchés que tu as commis autrefois
53 en jugeant injustement : tu condamnais les innocents et tu acquittais les coupables,
alors que le Seigneur a dit : “Tu ne feras pas mourir l’innocent et le juste.”
54 Eh bien ! si réellement tu as vu cette femme, dis-nous
sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre ? » Il répondit : « Sous un sycomore. »
55 Daniel dit : « Voilà justement un mensonge qui te condamne :
l’Ange de Dieu a reçu un ordre de Dieu, et il va te mettre à mort. »
56 Daniel le renvoya, fit amener l’autre et lui dit : « Tu es de la race de Canaan
et non de Juda ! La beauté t’a dévoyé et le désir a perverti ton cœur.
57 C’est ainsi que vous traitiez les filles d’Israël, et, par crainte, elles se donnaient à vous. Mais une fille de Juda n’a pu consentir à votre crime.
58 Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre ? »
Il répondit : « Sous un châtaignier. »
59 Daniel lui dit : « Toi aussi, voilà justement un mensonge qui te condamne :
l’Ange de Dieu attend, l’épée à la main, pour te châtier, et vous faire exterminer. »
60 Alors toute l’assemblée poussa une grande clameur
et bénit Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui.
61 Puis elle se retourna contre les deux anciens
que Daniel avait convaincus de faux témoignage par leur propre bouche.
Conformément à la loi de Moïse,
on leur fit subir la peine que leur méchanceté avait imaginée contre leur prochain :
62 on les mit à mort. Et ce jour-là, une vie innocente fut épargnée.

Vous avez la possibilité de recevoir les homélies du Père Lancrey-Javal en remplissant ce formulaire

Expo au Metropolitan Museum of Art

L'exposition Heavenly Bodies
Fashion and the Catholic imagination

Présente les habits crées par Yves Saint-Laurent pour la Vierge du Rocio de Notre-Dame de Compassion

+ d'infos sur cette expo


Met Museum, New York
The Metropolitan Museum of Art
du 10 mai au 8 octobre 2018

On en parle dans le Paris Notre-Dame du 12 juillet

 

Grands rendez-vous de 2017-2018

Messe pour la paix : Samedi 11 novembre 2017, à 18h avec les Petits Chanteurs de France.

Journée mondiale des pauvres : Rencontres paroissiales le jeudi 16 novembre 2017.

Procession mariale : Vendredi 8 décembre 2017 pour l'Immaculée Conception, depuis l'église Sainte-Odile (départ à 18h) jusqu'à l'église de Saint-Ferdinand des Ternes (messe solennelle à 19h30).

Messe de Noël : Dimanche 24 décembre 2017, à 18h et à 20h30. Messe du jour, lundi 25 décembre à 11h.

Fête paroissiale : Samedi 3 et dimanche 4 février 2018.

Sacrement des maladesSamedi 11 février 2018.

Entrée en CarêmeMercredi des Cendres, 14 février 2018, messes à 11h et 19h.

Chemin de croixVendredi Saint, 30 mars 2018, à 15h, de la Compassion à Saint-Ferdinand des Ternes.

Messe de PâquesSamedi 31 mars 2018, à 21h. Messe du jour, dimanche 1er avril 2018 à 11h.

Messe de 1ère Communion des enfants du catéchismeSamedi 2 juin 2018, à 11h (à la veille du dimanche du Saint Sacrement).

 

Père Christian Lancrey-Javal

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